La notion d' “Underground” me ramène à quelque chose dont j'ai l'impression que seul un noyau de personnes ont connu en France et certainement, plusieurs années plus tôt, Outre-Atlantique.
“Underground” est un terme que ne nous n'utilisions jamais auparavant ; “auparavant” s'étalant à la louche de 1980 à 1990. Il est apparu dans le jargon Hip-Hop comme une volonté de résistance, de redéfinition d'un mouvement face à un engouement commercial. Moi même, je l'ai intégré dans mon vocabulaire pour reprendre l'expression de ceux qui l'utilisaient pour traduire une sensation que je connaissais dans le fond de mon c½ur depuis - je dirais - toujours. En soi l'apparition de ce mot autant que son utilisation abusive, aujourd'hui, révèlent ni plus ni moins la dérive d'un mouvement Hip-Hop que certains (à des degrés différents) aimeraient encore voir comme une fédération de talents artistiques; le tout mis en avant avec un esprit positif... positiviste.
Avec le recul, force est de constater que le dit “mouvement” était à sa base une ligue de “micro-mouvements”. Chacun, individuellement, y fondait ses espoirs plus ou moins vénaux. J'introduis déjà cette notion de cupidité car elle est , par essence même, incompatible avec ce que représente et, surtout, a représenté le Hip-Hop dans ma vie. Il s'agit ici, tout particulièrement, de déontologie, d'éthique voire de spiritualité ; d'écoute et de compréhension, pas de dogme. Il s'agit ici, de visions à très long terme pour un meilleur présent.
Ceci paraîtra peut-être abstrait car, en effet, à mon sens, le Hip-Hop c'était l'underground par définition et mieux : un truc indéfinissable, au fond, qui nous permettaient de nous grandir, nous élever dans un milieu hostile et qui en dehors de ce domaine ne nous auraient peut-être pas offert l'occasion de “bien” tourner. Quand j'écris “indéfinissable” c'est pour outre-passer les carcans des disciplines, des courants, etc... Pour exemple, dans ce prétendu “mouvement”, les disciplines nous ont été vendues comme un pack/forfait S.F.R. évolutif (somme toute risible) puisque nous en sommes dorénavant arrivés à 9 disciplines recensées après avoir connu les stades des 4, 5 puis 6 “branches” censées cerner ce qu'est le mouvement Hip-Hop étoilé. J'irais, plus loin, - blasphème - jusqu'à dire que “Hip-Hop” n'a jamais réellement existé. Il n'est qu'une sorte de pudding ou de soupe populaire à laquelle se sont accrochés un bon nombre d'affamés (pour diverses raisons), d'enfants, d'adolescents et d'adolescents attardés à la recherche d'identité ; celle-ci étant culturelle... Cependant je suis aussi pour exprimer que l'avoir fait avec c½ur dénote une certaine noblesse tandis que s'y complaire dénote une certaine immaturité. D'autres s'y sont tout simplement “collés” dans un esprit de revanche malsaine.
Alors on pourra une nouvelle fois tenter de faire admettre que le Hip-Hop s'adapte en devenant le HipHop, il n'est que musique, danse, dessin/peinture,... culture. Je ne prône que le côté artistique PASSIONNEL et FUSIONNEL du Hip-Hop ; l'expression de l'amour dans l'artistique. Sans ce “support” artistique, ceux que j'appellerai, pour le cas, des sangsues n'auraient rien à vendre. Sans ce “support”, tous les idéologues du Hip-Hop (godfather) jusqu'au HipHop (stepfather) ne feraient penser qu'à de vulgaires gourous ou des ersatz de politicards en devenir.
L'underground/le fond de soi, c'est de là que tout vient artistiquement. On travaille clandestinement, sous terre et puis quand on est mûr, fin prêt pour le premier “combat”, on sort de sa tanière, on va réveiller des émotions mortes chez nos semblables, des gens qu'on aime, des gens qui nous apprécient pour ce qu'on ranime chez eux et puis quand la sauce a suffisamment pris, on se remet à la tâche en secret... jusqu'à la prochaine. Et dans cette quête on se trouve des amis.
Voilà : le Hip-Hop c'était construire des amitiés. Ca c'était l'idéal et c'était rester positif mais pour ce qu'il est en est devenu ce serait aussi voiler une réalité des faits car pour quelques uns “amitiés” signifiait “marchepieds”. Pour l'heure, ces “quelques uns“ font la scène Hip-Hop/Rap grand public.
Dans sa conception (mais je ne l'ai pas rationalisé à l'époque), le Beat-Box m'a immédiatement séduit parce que c'était faire de la musique les mains dans les poches... mais avant tout les poches vides. Se faire plaisir, donner du bonheur avec RIEN DE PLUS que ce qu'on est/était, là, sur le vif... comprenez : sans masque, sans fard. Le Beat-Box à l'instar du boulot des DJs entrait parfaitement dans l'art de faire de la musique un langage universel. A cette époque, il suffisait qu'un rappeur (ils étaient peu) soit assez bon pour improviser - une histoire d'un quart d'heure en partant de la “simple” description d'un style à bille - afin de passer un bon moment. A l'heure actuelle, nombreux sont ceux qui se lancent dans des discours voulus “concrets”, des “analyses” et des revendications plutôt équivoques - autant de passerelles qui déterminent à des plus malins qu'eux (et c'est pas dur) comment les posséder - comme s'il n'était question que d'impressionner les gamins et quelque peu intimider le “bourgeois” qui passe. Enorme tartufferie, cela va sans dire. Les bouffons continuent d'amuser les rois.
Comme je disais, le “Hip-Hop” C'EST “l'underground”. Il n'y a pas le “Hip-Hop” et le “Hip-Hop underground”. Dans la réalité telle que je la perçois, il y a, maintenant, le “Hip-Hop” et des courants qui parasitent, galvaudent ce qu'induit la notion de “Hip-Hop” ainsi que ce qu'a apporté comme “innovations” le “Hip-Hop” à la culture en général car je le répète : “ en fait, le “Hip-Hop” existait avant d'exister...”
Le champ de création, est encore très large ; sans doute infini. Le terrain ne demande qu'à être construit... et entretenu... et puis même les plus grands voyages commencent par un premier pas.
Je vais me permettre d'ajouter des idées (“réorganisées”) au sujet de “l'underground”. Des idées qui avaient été postées sur FORUMHIPHOP.COM ; encore des idées que j'estime importantes pour que vous puissiez tenter de comparer ce monde que je vais décrire avec celui que vous connaissez :
“Le “Hip-Hop” c'est une réponse à l'oppression... s'exprimer autrement... s'exprimer quoi qu'il en soit de l'état du monde... Que soient “codifiées” en tant que disciplines (par certains théoriciens du “Hip-Hop/Hiphop”) le “Street Language” ou le “Street Fashion” n'a rien d'étonnant... Ces 2 exemples sont des réponses à l'oppression... des formes d'adaptation, cependant... La mode des vêtements amples largement répandue depuis pas mal de temps... vient de l'univers carcéral... d'un temps où bien souvent les taulards se voyaient attribuer des “sappes” pas à leur taille... et plutôt larges qu'”étriquantes”...
Le “Street Language” c'est la même chose... tous les langages de rues ne sont pas, en soi/ds l'absolu, une volonté de se démarquer... mais surtout, une volonté de n'être compris que par les “initiés” [pour le cas, les “profanes” sont les X, matons, etc...]... c'est d'ailleurs pour ces mêmes raisons que ça doit bouger tt le temps, évoluer... changer... C'est pour ça qu'je dis qu'le “Hip-Hop” ne devrait plus avoir de nom/de dénomination, que l'“Underground” c'est l'indéfinissable par définition... c'est pour ça, qu'je trouve peinant qu'il existe des dicos du dit “Street Language”... c'est pour ça, qu'les codes ça m'fait chier... Maint'nant, j'ai bien conscience que sous la houlette, les moutons risquent moins d'se perdre ds la nature... Maint'nant, ma croyance c'est de penser qu'ils auraient tout à gagner à se LIBERER... d'un “Hip-Hop” oppresseur/catégorisé/codifié... je RE-confirme que j'ai conscience que “le public” demande des repères (“public” me sert ici à différencier “eux” des “acteurs”...)... j'suis sans doute lourdingue avec cette idée récurrente que j'n'manque pas de soumettre... parce que y'a des gens qu'attendent ne serait-ce que ce genre de “déclic” pour passer au solstice d'été...
Le Hip-Hop/L'Underground doit bouger tout le temps, évoluer... changer... muer... rester insaisissable “matériellement” et saisissable “spirituellement”... question sens... sensitive... “ressenti”... ça, c'est mon “illusion” sur le Hip-Hop PUR... détaché de tout intérêt... le Hip-Hop qui donne, donne, donne... offre... fait murir... jamais pourrir... bizarrement rester INTEGRE c'est rester INTRANSIGEANT... pour pas s'laisser pourrir par la pourriture...
Le Hip-Hop c'est la VIE... mais la VIE c'est pas le Hip-Hop... peut-être que l'essence de la vie c'est “l'underground”... sûrement, en fait... naître de rien... grandir... souvent sans bcp évoluer... et mourir... passer le relais ; un relais entretenu tant que possible... et ça l'est toujours (possible)...”. Alors aussi :
“La base “Hip-Hop underground” c'est celle qu'utilise les autres biais - disons carrément TRAVERS - que ceux classiques, conventionnels, protocolaires, institutionnels voire légaux...” Autre chose (dans une espèce de suite logique) : La “Polémique rap underground et rap commercial” existe mais elle est, à mes yeux, sans fondement ; aucun. Le rap n'est pas underground tant qu'il est sujet au commerce, un point c'est tout. On peut, à la limite, être plus ou moins commercial... on vend plus ou moins, mais dans ce cas, on est toujours commercial. On peut pas être plus ou moins underground. Le rap (la musique) commercial(e) c'est le rap commercialisé(e),... pseudo “underground” ou pas!
Je pense sincèrement que cette notion d'“underground” ne peut pas se gérer de façon crédible en étant amalgamée à un intérêt financier (mais pas seulement) quelconque. J'ai déjà écrit :
“UNDERGROUND = EN MARGE... EN MARGE, ça veut dire : “ne pas calquer les sempiternels modèles superficiels de conduite et de réussite...“. UNDERGROUND = ANTICONFORMISME tant que la norme ne convient pas!... UNDERGROUND = pas prôner la merde... parce qu'on voudrait au fond sa part du gâteau!... vite... facilement... justement, UNDERGROUND = le mot facile qu'utilisent des calculateurs qui connaissent, pour l'avoir tester sur eux, l'ancrage neuro-psychologique (ce que j'appellerais l'underground-marque de fabrique-rôle de composition) que crée ce terme... surtout chez des ados... en mal de vivre... UNDERGROUND = L'AME = LIBRE = GRATUIT. L'ultime UNDERGROUND dans un sens... c'est juste une sensation... qui vit...
Une autre manière de donner mon idée de “l'underground“ serait de dire que c'est cette énergie sur laquelle tant de sociologues planchent dans le but d'anticiper voire permettent d'initier ou de caresser dans le sens du poil les prochaines vagues, les prochains pantins. C'est pourquoi, en toute bonne conscience de cet aspect des choses, le mot “underground” devrait être pouvoir être supprimé du jargon Hip-Hop pendant que ses perspectives seraient défendues VRAIMENT comme un truc maîtrisé de l'intérieur, incontrôlable de l'extérieur... un truc qui ne se laisse pas récupérer... puis qui éventuellement permettrait de faire évoluer quelques archaïsmes selon NOTRE (des personnes qui aiment des trucs similaires parce qu'ayant eu des histoires similaires) VISION... parce qu'il y a aussi une idée de subversion dans “underground“... enfin, je crois...
P E A C E L O V E
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